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Avertissement : les opinions exprimées sur ce blogue ne représentent pas nécessairement celles de tous les participants du Café des géographes, mais seulement celles de l’auteur du présent billet.

adbusters.org

Bon, Barack a été réélu, je vous vois déjà vous réjouir de ce résultat, moi aussi. Mais n’allez pas croire que cela va vraiment changer quelque chose. C’est certain que la situation aurait été pire advenant une victoire du Saint-Mormon Mitt-raciste-sexiste-créationniste-homophobe-redneck-conservateur-patriarcal-libertarien-individualiste-Romney, mais je vous le dits, la différence entre l’un ou l’autre de ces deux clowns au pouvoir, n’est en fait pas si grande. En fait, c’est comme si le Président américain était une marionnette qui a les mains liées. Ceux qui détiennent réellement le pouvoir sont bien cachés derrière le rideau du secret et ils se présentent sous plusieurs formes; banques, Cie pétrolières, Cie minières, Cie d’assurances, pharmaceutiques, complexe militaro-industriel, ou simplement de riches investisseurs comme l’est lui-même notre cher Mitt. Ceux-ci exercent leurs influences à grand coup de menaces ou de promesses quelconques sur la Banque Centrale, le Sénat et la Chambre des Représentants, voire sur tout l’entourage des partis politiques. L’État, et tout ce qui relève du « politique » sont totalement soumis à l’économisme triomphant, point barre.

 Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie. 

-Frédéric Bastiat

La classe moyenne (nous autres)

Le concept de « classe moyenne » est une anomalie dans la logique marchande capitaliste, apparu vers la fin du 19e siècle suite à une accumulation massive de richesse engendrée par le colonialisme et par une industrialisation rapide de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Avant ça, et depuis le début des civilisations (mettons depuis 7000 ans), le Monde n’avait connu que deux classes; les dirigeants et les exploités. La classe des exploités prenait diverses formes, esclaves, paysans, prolétaires faiblement payés, etc. Les dirigeants eux, ont toujours invoqué la bénédiction des Dieux ou un ordre divin quelconque pour asseoir leurs pouvoirs et asservir les peuples, qui ne se révoltaient que très peu, par peur, toujours la peur.

La montée du syndicalisme ainsi que la mise en place de nombreuses réformes sociales (particulièrement après la crise de 1929) ont permis l’avènement de cette classe moyenne, celle-ci représente aujourd’hui la majorité de la population des pays occidentaux. Cette « majorité silencieuse » comme nous nous amusons à la désigner chez nous, n’est ni pauvre ni riche, elle en a juste assez pour garder la tête hors de l’eau et se payer de petits luxes de temps à autre, un minimum raisonnable qui lui donne l’illusion d’être heureuse, assez pour qu’elle ne se révolte pas trop, mais trop peu pour lui permettre de s’épanouir complètement, car elle doit trimer dur en permanence pour conserver son standard de vie. Plusieurs mécanismes sont mis en œuvres pour la garder la plus docile possible, l’endettement en est le meilleur exemple. Les ploutocrates nous veulent endettés, comme ça ils s’assurent que nous allons travailler tous les matins, parce qu’on a des paiements à faire (c’est d’ailleurs l’argument le plus utilisé par les droitistes robotisés adeptes de leurs propres asservissements). On incite à la surconsommation d’objets de toutes sortes et d’aliments nauséabonds, on valorise l’apparence superficielle du corps, on nous gave de divertissements abrutissants et de publicités aliénantes et trompeuses, puis on nous régurgite en plein visage que l’économie va mal, alors qu’il va falloir se serrer la ceinture encore plus « tight » que la dernière fois, et ainsi de suite. Puis, par l’autre bord, on nous chie sur la tête en nous disant qu’il faut continuer de consommer en masse pour faire rouler l’économie et pour perpétuer cette croissance économique, ce qui en fin de compte est d’une impossibilité évidente. Nous sommes pris dans cette spirale infinie, nous sommes à la fois les producteurs et les clients, sans pour autant profiter à juste titre du miel de notre travail, puisque chez les grandes entreprises les profits engendrés sont presque totalement redistribués aux actionnaires. Là est l’injustice à l’origine des inégalités sociales, là nous mènes le libéralisme déchaîné.  On sert la même médecine aux peuples occidentaux que l’on sert aux pays du sud, soit un étranglement par l’endettement, en coalition avec les maîtres de la finance internationale (Banque Mondiale, FMI et OMC), et le pauvre est toujours démonisé comme un lâche et un fainéant qui n’a que lui à blâmer pour sa situation de merde.

Les gouvernements et les élites n’ont pas les moyens intellectuels d’expertiser l’effondrement en cours, ou bien l’aggravent par des comportements de caste, continuant à protéger leurs privilèges à court terme

-Jared Diamond

D’ailleurs, ces grandes entreprises dominatrices n’ont jamais cessé d’engendrer des profits toujours plus faramineux (je parle ici des grandes multinationales et surtout des banques). Mais qui profite le plus de ces profits gargantuesques? – Est-ce que ce sont les employés qui voient leurs revenus augmentés? Haha lol, non. – Est-ce que les profits sont réinvestis dans la recherche et le développement? En partie oui, les entreprises le font pour développer de nouvelles technologies, pour ouvrir de nouveaux marchés et pour soigner leur image, tout ça est légitime, mais il ne s’agit que d’une miette de ce qui est réellement engendré comme profit. – Est-ce que la majorité des profits vont directement dans les poches des actionnaires? Absolument, tu as tout compris, et c’est exactement ça le problème. Le seul et unique but d’une méga entreprise, c’est d’enrichir le plus possible ses actionnaires, c’est ça le jeu. Pas étonnant que depuis les trente dernières années, les riches se sont enrichis pendant que la classe moyenne n’a fait que stagner. Pour jouer au casino de Wall Street, il faut être riche en criss, et c’est en étant riche en criss que l’on devient riche en tabarnak.

Tant et aussi longtemps que le système fonctionnera dans une logique de croissance à tout prix et que ceux qui en profitent réussiront à conserver leur main mise sur les États et ses pratiques, l’Humanité restera un champ de bataille où règnent les inégalités sociales et l’injustice crasse. Pour nous, simples pions, il nous reste deux choix, soit on s’adapte et on participe à ce viol collectif pour notre intérêt personnel, soit on combat les forces qui nous écrasent… À nous d’écrire notre histoire.

Aujourd’hui la planète croule sous les richesses. (La Terre peut nourrir 12 milliards d’habitants). Autrement dit, l’infanticide, tel qu’il se pratique jour après jour, n’obéit plus à aucune nécessité. Les maîtres de l’empire de la honte organisent sciemment la rareté. Et celle-ci obéit à la logique de la maximalisation du profit.

-Jean Ziegler, ONU

Marcantoine

Sources:

Diktacratie

Pourquoi les pauvres votent à droite

Classe moyenne, la fin est proche. Sur Jobboom

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