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Jean Barbe

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Nous autres

Les patriotes, les indignés, les étudiants,

Tout ce que notre histoire a compté de sang frais

Coulant pour une idée de justice, tout ceux qui ont

Offerts aux fusils du pouvoir, aux matraques des assis, au mépris des puissants

Leur chair à canon et leurs rêves à abattre…

Tous ceux qui un jour se sont dit  c’est assez

Les patriotes, les indignés, les étudiants

Et nous,

Nous autres

Ne voulions pas nous battre

Les patriotes ne voulaient pas d’une fête nationale

Pour célébrer leur mémoire

Ils voulaient vivre.

Vivre mieux.

Pas : plus riche. Mieux.

Ils voulaient

Travailler, manger, apprendre, aimer,

Faire des enfants, les regarder grandir

Espérer que demain soit meilleur qu’hier

Être libre autant qu’on puisse l’être

Quant on vit avec d’autres et qu’il faut partager.

Ils ne voulaient pas se battre pour un pays.

Ils voulaient vivre bien, vivre mieux

Un pays peut-être leur permettrait cela.

Jamais le pays n’aura été le but.

Toujours le pays aura été le moyen, peut-être, de vivre mieux.

Nous autres

Nous sommes gentils

Nous n’avons pas l’habitude de déranger

Nous autres

Nous n’aimons pas nous battre

Ils sont bien rares ceux qui veulent se battre

Et risquer de mourir.

Ils voulaient, ils veulent, nous voulons

des choses simples, concrètes

Un coin de terre à cultiver

Un métier à pratiquer

Un salaire qui permet d’avoir

Un repas sur la table

Des vêtements sur le dos

Du temps pour le repos

Un endroit pour dormir

Des choses à apprendre

Pour grandir encore

Des médicaments pour soigner nos enfants

Des lois qui nous protègent autant qu’un autre.

Ce n’est que cela, la dignité.

Rien de plus.

Rien de moins.

Vous qui possédez la terre à cultiver, les outils de mon métier, l’argent de mon salaire

Vous qui possédez la nourriture, les vêtements, les maisons

Les médicaments, vous qui appliquez les lois ou les ordonnez

Je vous dis : partagez

Partagez entre tous sans égards à la couleur de ma peau, à la langue de mes prières, au pays de mes ancêtres

L’abondance dort dans vos coffres, nous le savons,

Si je peux vivre avec dignité, j’accepterai les différences d’opinions, les accommodements raisonnables, les obligations sociales.

Partagez. Et il n’y aura plus parmi nous, pour prendre le fusil, pour se battre, tuer et mourir

Que les fous.

Nous soignerons les fous avec humanité.

Je ne veux pas me battre

Je veux vivre.

Mais.

Votre Monde tire sa richesse du pillage de l’avenir

Vous épuisez la terre, vous rasez les forêts

Vous tuez la beauté au nom des actionnaires

Et pour le reste vous laissez faire

Les lois du marché nous marcher sur le corps

Alors

Les plus pauvres s’appauvrissent

Les plus riches s’enrichissent.

Ah il est beau le progrès

Et nous sommes en colère

Échanger la couronne d’Angleterre

Pour le palais des congrès

Troquer la Reine pour Charest

Après s’être fait fourrer de loin

Se faire fourrer de près ?

Nous autres

Nous sommes gentils

Nous n’avons pas l’habitude de déranger

Nous autres

Nous n’aimons pas nous battre

Mais :

À ceux qui veulent mettre des protège-coudes et des casques de vélo à nos espoirs.

Aux empêcheurs de risque qui veulent notre sécurité en l’imposant de force.

Aux régulateurs des consciences qui font la morale à nos ventres, avortons de la pensée, souteneurs de soutanes et voleurs d’enfances

Aux économistes libertaires, anarchistes de la grande finance qui ne souffrent aucune règle, surtout pas celles de l’égalité et de la compassion

Je dis

Partagez

Aux funambules de l’extrême centre, ces drogués du pouvoir qui sniffent la ligne du parti dans les toilettes du parle et ment.

Aux maquilleurs de statistiques qui dessinent des sourires aux cadavres

À ceux qui jonglent par milliards en sous-payant le jardinier

Aux ingénieurs des roue de fortune, loto hydro casino

Qui prélèvent leurs taxes dans la poche des désespérés

Voleurs de grand chemin, bandits de la construction, banquiers, modérateur de tickets aux urgences de vivre.

Aux vendeurs de RÉER qui promettent le paradis avant la fin de vos jours, ces nouveaux curés d’une religion ancienne, ces mafieux qui disent achète ma protection sinon…

À ceux qui veulent nous faire payer le privilège

D’apprendre sur les bancs l’école comment les enrichir

Taxeurs de savoir, détourneurs de science au profit des finances

À ceux qui rêvent d’un peuple

Criblé du plomb des dettes

Lourd et lent, incapable d’envol

Incapable de penser

Je dis

Partagez

Aux spécialistes de la mise à pied, aux missionnaires de la mondialisation

À ceux qui vont content en Chine

Faire fabriquer par des enfants les cochonneries vendues aux chômeurs

Qui n’auront bientôt plus

les moyens de se les payer

Dans les Dollaramas

À ceux qui roulent en Bentley ou en Porsche

En contournant les nids-de-poule

Tandis qu’on fait le trottoir pour éviter d’être à la rue

Partagez

Nous sommes lucides nous aussi.

Et nous savons ce que c’est que la merde.

Nous y sommes, jusqu’au cou. C’est assez. Partagez.

Sinon un jour ça va péter

Nous voulons vivre, nous voulons apprendre.

Nous voulons grandir,

Et nous vivrons.

La merde amortit les chocs

Mieux que les Porsche ou les Bentley.

Nous ne voulons pas nous battre.

Mais il faut le faire puisque vous nous y poussez.

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, on a pas le choix de se lever,

pour se tenir debout

lever la tête, lever la voix.

Lever le poing.

Nous survivrons.

Nous vivrons.

Nous surgirons partout

Au printemps qui s’amorce

Nous étendrons nos espoirs au soleil des jours.

Nous grandirons en nombre

Puisque les fleurs poussent dans l’fumier.

Votre mépris est un engrais.

Nous sommes des fleurs.

Nous sommes

Les fleurs de lys.

 

Si vous ne le connaissez pas, consultez son Wiki

Il possède également un blogue

 

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