Préface : Ceci est un texte d’opinion qui ne se base sur aucune source formelle ou scientifique. Il se base sur la meilleure des sources disponibles pour le commun des mortels: le gros bon sens.
 
On est tous au courant: l’Occident est développé et le reste du monde est sous-développé, voire en développement, voire en voie de développement.
Oui mais non.
L’idée de surdéveloppement n’est sûrement pas nouvelle. Je me permets néanmoins de me l’approprier le temps de quelques paragraphes.
Voici comment va mon histoire…
 
Pourquoi me semble-t-il important d’affirmer que le monde occidental est surdéveloppé? Quelques exemples nous permettront peut-être de mieux comprendre la position ici défendue.
L’humain avait besoin de manger. Fair enough, on s’approprie la nourriture de base. Mais manger ne lui suffit plus, il faut bien manger. Alors on crée l’art culinaire, la gastronomie moléculaire, le restaurant cinq étoiles. Il faut ensuite mieux manger, car nous sommes devenus obèses. Alors on développe des régimes miracles, des cures instantanées, des médicaments amaigrissants.
L’humain avait besoin de se déplacer. Fair enough, on invente le vélo et la voiture. Mais se déplacer ne lui suffit plus, il faut se déplacer avec style. Alors on conçoit les sièges chauffants, les carrosseries à la fine pointe du design, l’électronique-qui-conduit-à-votre-place, les bicyclettes à cinq mille piasses.
L’humain avait besoin de s’habiller. Fair enough, on se met un pantalon et un chandail. Mais ça non plus ce n’est plus suffisant. Alors on crée la mode, la fibre intelligente, le prêt-à-porter et donc le prêt-à-jeter.
L’humain avait besoin de s’abriter. Fair enough, on n’a jamais trop d’un toit et de quelques murs quand il pleut ou qu’il fait froid. Mais là encore, ce n’est plus assez. Alors on fabrique des maisons gigantesques et luxueuses, des meubles beaux et technologiques, des planchers thermiques et des grands garages pour ranger nos voitures qui ont du style, des garde-robes pour nos fringues à la mode et des cuisines grandes comme des stades de foot pour préparer les dernières recettes de Ricardo.
 
J’en passe et des meilleurs.
 
Voilà. Au nom du plaisir, du progrès, de la nature humaine, le surdéveloppement est devenu une norme qui passe inaperçue. Et du haut de nos condos de luxe, de nos laboratoires de recherche suréquipés, de nos bibliothèques surdocumentées, on se permet de dire que ceux qui n’ont pas atteint notre niveau de vie sont sous-développés, sous-industrialisés, bref, qu’ils sont des sous-hommes.
Le monde occidental se noie dans le matériel, il croule sous les objets à la recherche de son bonheur, il consomme pour exister, pour oublier qu’il est déjà mort en-dedans, pourri depuis la moelle, aliéné et malade. Pendant que d’autres se battent et se tuent au quotidien dans l’espoir d’accéder à ce monde merveilleux qu’on leur vend à grands coups de propagande médiatique, nous continuons notre course matérialiste effrénée. Nous surdéveloppons et nous avons pitié de ceux qui ne le font pas. Misérable misérabilisme condescendant!
 
Postface : Il n’y a pas de morale à cette histoire. J’omets volontairement de parler de décroissance, de simplicité volontaire, et de toutes ces solutions théoriques qui sont beaucoup de mots pour dire la même chose.
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