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De plus en plus, nous prenons connaissance du mécontentement des scientifiques du Canada qui eurent, ces dernières années, de grandes avancées, voire des découvertes, dans des enjeux à intérêt sociétal et qui, malencontreusement, ne peuvent en faire part à la population. Effectivement, ces-derniers, depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Conservateur du Canada (PCC), doivent se muer face aux nouvelles règles quant à la divulgation au grand public de leurs recherches, c’est-à-dire qu’ils sont contraints d’attendre le consentement des « relations publiques » du gouvernement avant toute action.

La Presse Canadienne (17 février 2012) rapporte d’ailleurs le cas de David Tarasick qui découvrit en automne dernier un des plus gros trous dans la couche d’ozone, situé dans l’Arctique canadien. Près de cinq mois plus tard, il n’a toujours pas pu rencontrer les médias. Un autre exemple presque en copie conforme, celui de Kristi Miller. Cette scientifique, mondialement reconnue pour ses études portant sur l’extinction du saumon rouge en Colombie-Britannique, se vit dans l’obligation de refuser des dizaines d’entrevues demandées après ses publications – il y a plus d’un an -, ordre du Gouvernement canadien.

Retournons en 2010 : « Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l’avance les réponses détaillées qu’ils fourniront et rédiger un rapport après l’entrevue. Le rapport montre que la politique a l’effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n’arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse », (Le Devoir). Ce qui, nécessairement, amène à une diminution de la couverture médiatique scientifique. Elle est d’ailleurs estimée à – 80% depuis février 2008, date d’entrée en vigueur des nouvelles directives.

Pourquoi le Gouvernement Harper doit-il censurer ses scientifiques? Doit-on avoir honte de ces avancées canadiennes?  C’est pourtant ce que prône la vision « harperienne » en apposant un bâillon aux groupes scientifiques, en leur diminuant les vivres par la coupure budgétaire d’Environnement Canada et par la nomination d’un ministre des Sciences, M. Gary Goodyear, Créationniste. Quels non sens!

Partons légèrement sur le sujet… Ce dernier – ministre des Sciences du Canada, je vous le rappelle – lorsque questionné en 2009 quant à ses croyances sur la théorie de l’Évolution de Darwin, refusa de répondre sous prétexte qu’il était Chrétien. (Voyons dans ce cas qu’il n’y croit tout simplement pas). Par la suite, il répliqua que ses convictions religieuses ne viennent nullement à l’encontre de ses fonctions publiques. Euh… Oui! Mon cher, vous représentez la Science canadienne et vous vous devez donc d’être objectif vis-à-vis elle! Puis, dans un « vent de scandale », il affirma à la chaîne CTV croire en l’Évolution par ces si belles paroles : « Nous évoluons chaque jour, chaque décennie, l’intensité du Soleil, les espadrilles, les talons hauts, nous évoluons face à notre environnement ».  Avouez que la partie des talons hauts vous convainc!

Il est vrai qu’un ministre qui ne croit pas en l’Évolution doit certainement croire aux bouleversements écologiques que nous connaissons actuellement, tels le réchauffement climatique, l’amincissement de la couche d’ozone, les potentiels de pandémies, les conséquences désastreuses des abus de l’Homme sur Terre (Non, ce n’est pas Dieu venu sur Terre pour nous punir),… tout en étant capable d’agir en conséquence pour le mieux être des citoyens et citoyennes peu importe ses convictions profondes.

N’êtes-vous pas tannés de reculer?

* Photo de l’Honorable Gary Goodyear. Sur le site du Ministère, nous pouvons y apprendre plein de choses pertinentes à son sujet. Saviez-vous qu’il fut empaqueteur de viande lorsqu’il était aux études?

** Sur Youtube, entrevue avec David Tarasick.

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